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Le blog de l'artisanat marocain

Rencontres avec nos artisans, décryptage des motifs, des matières et des gestes : tapis berbères, zellige de Fès, cuir tanné à la main, fer forgé et céramique.

Apprendre à lire un tapis berbère

12 août 2026 · 6 min

Apprendre à lire un tapis berbère

Losanges de protection, lignes de vie, éclats de couleur : chaque tapis noué dans l'Atlas raconte l'histoire de celle qui l'a tissé.

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Portraits

Les mains derrière nos pièces

Derrière chaque tapis et chaque vase, il y a un visage, un atelier, une histoire. Voici deux des artisans avec lesquels nous travaillons au quotidien.

Fatima Aït Ouarab, Tisseuse de tapis berbères

Village d'Aït Bouguemez, Haut Atlas

Fatima Aït Ouarab

Tisseuse de tapis berbères

Fatima a appris le tissage à l'âge de neuf ans, assise aux côtés de sa grand-mère devant le métier en bois de cèdre installé près de la fenêtre. Cinquante ans plus tard, c'est elle qui transmet : ses filles et ses voisines viennent chaque semaine apprendre les nœuds, les tensions, les motifs.

Elle ne travaille jamais d'après un dessin. Les losanges, les zigzags et les lignes de vie naissent directement sous ses doigts, guidés par la mémoire et les saisons. Un grand tapis lui demande parfois deux mois de nœuds serrés, au rythme du cardage de la laine et des teintures au henné et à la grenade.

« Un tapis, dit-elle, c'est un journal que l'on écrit avec la laine. Quand il part loin, une part de notre village voyage avec lui. » Chacune de ses pièces porte, nouée dans un angle, sa petite signature : un double losange, le signe de sa famille.

Hassan Belkadi, Maître potier-tourneur

Quartier des potiers, Safi

Hassan Belkadi

Maître potier-tourneur

Fils et petit-fils de potiers, Hassan est monté sur le tour de son père avant même d'avoir l'âge d'aller à l'école. Dans son atelier de Safi, la capitale marocaine de la céramique, il monte encore ses grands vases en plusieurs sections, comme on le faisait il y a trois cents ans.

Son geste est d'une précision déconcertante : quelques secondes suffisent pour qu'une boule de terre écrue devienne une panse régulière. Mais la vraie patience commence après — le séchage lent à l'ombre, la calligraphie peinte d'un seul trait, la nuit entière passée à surveiller la cuisson du four.

« La terre décide autant que moi, sourit-il. Mon travail, c'est de l'écouter. » Ses vases monumentaux, commandés jusqu'en Europe, gardent les nuances irrégulières de la cuisson au feu de bois : pour lui, c'est la marque d'une pièce vivante.