20 mai 2026 · 6 min · L'équipe Maralya
Le zellige : la géométrie taillée au marteau

Le zellige naît d'une argile grise particulière, extraite dans la région de Fès. Foulée au pied, façonnée en plaques, séchée au soleil puis cuite au four à bois, elle est ensuite émaillée et recuite : c'est cette double cuisson qui donne à l'émail sa profondeur et ses irrégularités de surface.
Les plaques émaillées sont ensuite taillées à la main, au marteau à panne aiguisée, par le maalem. Chaque tesselle — étoile, amande, losange, hexagone — porte un nom précis dans un vocabulaire qui compte plus de trois cents formes. Le biseau est taillé vers l'intérieur pour que les pièces s'ajustent au millimètre sans joint visible.
L'assemblage se fait à l'envers, face émaillée contre le sol, en partant du centre du motif. Le maalem travaille de mémoire, sans plan : la géométrie de la rosace se déduit de proche en proche, par symétrie. Un panneau d'un mètre carré peut demander plusieurs milliers de tesselles et deux semaines de travail.
On reconnaît un zellige authentique à ses nuances : au sein d'une même couleur, les tesselles vibrent légèrement, plus claires ou plus profondes selon leur place dans le four. Les carreaux industriels imprimés, à l'inverse, sont parfaitement uniformes — et parfaitement plats.
Le zellige habille les fontaines, les patios, les tables et les plateaux. Nous l'utilisons notamment sur des tables et des dessus de meuble, où sa surface légèrement ondulée accroche la lumière du matin comme aucun autre matériau.