2 juin 2026 · 6 min · L'équipe Maralya
Ferronnerie marocaine : le fer forgé, du moucharabieh à la lanterne

Dans les ateliers de Marrakech et de Fès, la ferronnerie d'art se pratique encore à la forge ouverte. Le ferronnier — le haddad — chauffe la barre de fer jusqu'au rouge cerise, puis la travaille à chaud sur l'enclume : quelques secondes seulement, avant que le métal ne refroidisse et redevienne intraitable.
Les motifs viennent du répertoire architectural marocain : arabesques, entrelacs, étoiles à huit branches, rosaces. On les retrouve sur les grilles de fenêtres, les moucharabiehs, les portails de riads, les têtes de lit et les grandes lanternes ajourées qui filtrent la lumière en dessins mouvants sur les murs.
Le fer forgé à la main se distingue immédiatement du fer plié à froid en usine : les volutes ne sont jamais rigoureusement identiques, les jonctions portent la trace du marteau, et l'épaisseur varie légèrement le long d'une courbe. Ce sont ces irrégularités qui donnent la vibration de la pièce.
La finition se fait à la brosse métallique puis à la cire ou au vernis mat, parfois avec une patine bronze ou graphite obtenue à la chaleur. Pour l'extérieur, un traitement antirouille est appliqué avant la patine.
Nos sculptures de la collection Forgerons du Désert prolongent cette tradition avec du métal de récupération : engrenages, ressorts et chutes d'acier récupérés dans les souks de ferraille, réassemblés à la soudure. Le savoir-faire est le même ; la matière, elle, a déjà eu une première vie.